Les recommandations des participants de l'apéritif-culture de novembre 2021

02.12.2021

Comme tous les premiers vendredis du mois, l’apéritif-culture du mois de Novembre a permis de mettre en valeur certaines œuvres particulièrement appréciées par les participants.

Pour bien commencer cette nouvelle année, le thème de cet apéritif était

La terre!

terre

Bds

« Le retour à la terre», Manu Larcenet

          Ah, la campagne, les petites fleurs, les bébêtes qui montent qui montent, et tout et tout... Quel citadin n'a rêvé d'aller s'y ressourcer ? Manu Larcenet a chopé le virus l'an dernier. À lui et à Mariette, sa compagne, le gazouillis des oiseaux, le doux bruit des ruisseaux et tout et tout ! Quand, comme Manu, on a passé sa vie en banlieue parisienne, ça change. Toujours timide, Manu était à cent années-lumière d'imaginer que le récit de sa nouvelle vie pouvait intéresser le moindre lecteur. Et puis, il est difficile de s'occuper d'un châtaignier de 45 mètres déposé dans son jardin par des voisins sympas tout en s'observant par la fenêtre ! Heureusement, parmi les amis venus découvrir le nouveau monde de l'auteur des "Cosmonautes du Futur", se trouvait Ferri, l'homme qui raconte les folles aventures d'Aimé Lacapelle, le détective paysan qui trace son sillon dans 'Fluide Glacial'. C'est Ferri qui s'est collé au récit des avatars de nos deux citadins depuis leur arrivée aux Ravenelles, 89 habitants (dont une jolie boulangère). Mais tout n'est pas rose quand on se met au vert ! Quel citadin exilé n'a pas ressenti sur le coup de 18h le manque lancinant du bruit du Périf ? L'eau-de-vie de M. Henri le proprio peut consoler, mais on sent parfois le besoin d'un réconfort moral. Problème, allez dénicher un psy aux Ravenelles (89 hab.) ! Il serait plus facile d'y trouver un ancien maire ruiné par le fisc et installé, à poil et barbu, dans un arbre centenaire. C'est dire ! D'autant que certains effets secondaires sont redoutables. Manu, guitariste et chanteur punk plutôt urbain (avec des accents hardcore assez prononcés), concocte désormais des ritournelles que ne renierait pas Francis Cabrel. C'est ça aussi, vivre aux Ravenelles (89 h.) ! Tête des Groggies, l'ancien groupe rock du Manu de Juvisy, lorsqu'ils déboulent en visite ! Ça sera l'occasion de découvrir que M. Henri se débrouille comme un chef à l'accordéon. Dès qu'il comprendra qu'il doit jouer en mi majeur et non en sol, ça promet des boeufs campagnards du feu de Dieu ! Pas chiens, Larcenet et Ferri traitent ce retour à la terre par histoires courtes d'une demi-page. 90 (bonnes) idées en 45 planches ! Ça rend généreux la vie au grand air !

 

Romans

« Les îles de Robinson. Trésor vivant des mers du Sud. Entre légende et réalité », Philippe Danton, Emmanuel Breteau, Michel Baffray

          Chacun connaît le personnage de Robinson Crusoé sur son île déserte... Mais peu savent que ce mythe vivace repose sur une histoire vécue : celle d'Alexander Selkirk, abandonné durant plus de quatre ans sur une île de l'archipel des Juan Fernandez, au large du Chili. C'est cette aventure singulière qui, après avoir inspiré à Daniel Defoe l'écriture de son roman, est devenue au fil du temps le point de départ d'une formidable et exemplaire parabole écologique. Les îles de Robinson est le récit d'un voyage issu de deux missions scientifiques menées par les auteurs en collaboration avec les parcs naturels chiliens et le Conservatoire botanique national de Brest. Au fil des pages, la représentation mythique de ces îles, figurées par de remarquables gravures, se confrontent à la réalité des îles Juan Fernandez, dont fort peu d'images sont à ce jour parvenues jusqu'en Europe. Les auteurs, qui ont partagé la vie des actuels habitants de l'archipel, ont réalisé sur le terrain des planches dessinées de rarissimes espèces végétales endémiques en voie de disparition et ont photographié un véritable " monde perdu ", où la fougue des eaux de l'océan Pacifique dispute aux ciels d'orage la sauvagerie des paysages volcaniques. Dans ces endroits oubliés du monde se sont développés et différenciés des êtres vivants, plantes et animaux, aux formes exceptionnelles, mais marqués par la fragilité qui résulte de leur long isolement insulaire. L'intrusion de chèvres puis de lapins a totalement déséquilibré ces milieux et a poussé au bord de l'extinction nombre d'espèces uniques, très peu ou jamais étudiées par des scientifiques. Les missions de sauvetage botanique entreprises par les auteurs redonnent à cette épopée humaine et littéraire une actualité nouvelle

«Route des tropiques», Roland Dorgelès

          Dans Un Parisien chez les sauvages (1924), Roland Dorgelès évoque un séjour en Indochine, dans les régions moï, à ce moment-là très fermées. Le récit, centré sur un administrateur français fascinant par sa volonté de préserver une ethnie des influences étrangères tout en lui apportant le progrès, met en scène, avec l’acuité propre à l’écrivain, le conflit entre deux mondes, celui des colons et celui de la société traditionnelle. Avec Soliloque marocain (1937), Dorgelès poursuit sa réflexion sur la colonisation en même temps qu’il tient ses carnets de voyage. Entre le ciel et l’eau (1923) retrace le parcours de ce qui fut l’un des grands trajets du début de ce siècle : la croisière Marseille-Saigon. Dorgelès de camper, en observateur amusé et lucide, le microcosme en mouvement sur la route des tropiques, et de confronter exotisme et banalité humaine.

«La maison du Mesnil», Maurice Genecroix

          Veuf et privé de son fils préféré par la guerre de 14, Cyrille Bonisseau confie l'usufruit de sa terre à sa bru et au second mari de celle-ci, à charge pour eux d'élever son petit-fils Clotaire. Le vieillard s'installe dans la maison du Mesnil, chez ses héritiers qui lui comptent avec parcimonie le gîte et le couvert. Très vite, une haine sourde s'appesantit sur la ferme. La terre encore possédée ou trop convoitée, l'enfant silencieux, sont les vrais enjeux de cette rivalité terrible entre un vieillard désormais à merci et Cabos, le «beau-fils» calcu­lateur. Dans ce roman, Maurice Genevoix décrit, comme peu ont su le faire, la France paysanne d'avant­-guerre. Apre et muette, traversée de passions sou­terraines, obsédée par le «manque»... Il savait bien, l'auteur de Raboliot, que, tous, nous venons de ces campagnes sévères et qu'il n'y a pas si longtemps. La Maison du Mesnil c'est aussi notre mémoire...

« Nature humaine», Serge Joncourt

          La France est noyée sous une tempête diluvienne qui lui donne des airs, en ce dernier jour de 1999, de fin du monde. Alexandre, reclus dans sa ferme du Lot où il a grandi avec ses trois sœurs, semble redouter davantage l’arrivée des gendarmes. Seul dans la nuit noire, il va revivre la fin d’un autre monde, les derniers jours de cette vie paysanne et en retrait qui lui paraissait immuable enfant. Entre l’homme et la nature, la relation n’a cessé de se tendre. À qui la faute ?Dans ce grand roman de « la nature humaine », Serge Joncour orchestre presque trente ans d’histoire nationale où se répondent jusqu’au vertige les progrès, les luttes, la vie politique et les catastrophes successives qui ont jalonné la fin du XXe siècle, percutant de plein fouet une famille française. En offrant à notre monde contemporain la radiographie complexe de son enfance, il nous instruit magnifiquement sur notre humanité en péril. À moins que la nature ne vienne reprendre certains de ses droits…

« Le tour du monde en 80 jours», Jules Verne

          Phileas Fogg, gentleman anglais, parie avec les membres de son club qu’il fera le tour de la terre en 80 jours. Et, aussitôt, le voilà parti, accompagné de son domestique Jean, un Parisien, dit Passepartout. Il devra être revenu à Londres, pour gagner, le samedi 21 décembre 1872 à 20 heures 45 minutes !Soupçonné d’être l’audacieux voleur de la Banque d’Angleterre, Phileas Fogg va être filé tout au long de ses pérégrinations par le détective Fix qui ne peut cependant pas l’arrêter, le mandat d’amener arrivant toujours trop tard…Les pays traversés, les multiples aventures, les stratagèmes employés pour contourner les nombreux obstacles, l’activité débordante de Phileas Fogg pour lutter contre le temps en ne se départant jamais de son flegme tout britannique, les personnalités de Passepartout et de l’obstiné Fix, font du Tour du monde en 80 jours un merveilleux roman, l’un des meilleurs de Jules Verne, dont le succès considérable ne s’est jamais démenti depuis sa parution, en 1873.

 

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Bonne découverte!