Sélection Black Lives Matter

25.10.2020

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Le 3 novembre, les citoyens américains vont élire le 46e Président des Etats-Unis.
L'un des mouvements sociaux les plus importants de ces dernières décennies, devenu l'un des grands sujets de la campagne, est le mouvement Black Lives Matter!

https://www.arte.tv/fr/videos/RC-019640/black-lives-matter/


Si vous souhaitez en comprendre les origines et les revendications, et plonger au cœur de la société américaine, nous vous proposons une sélection de documents.

 

"Retour dans l'oeil du cyclone", James Baldwin

          Les quatorze essais regroupés dans ce volume, publiés à l’origine dans divers journaux et revues, couvrent une période allant de 1960 à 1985. James Baldwin y évoque les marches pour les droits civiques, les raisons de son exil en France, ses rencontres avec Martin Luther King, sa critique de l’éducation aux États-Unis ou encore sa célébration de la langue noire. Explorant les tensions et non-dits qui touchent son pays, Baldwin offre une analyse pertinente, sévère et subtile de la société américaine qui n’a rien perdu de son actualité ni de sa nécessité. Ces textes dressent le portrait d’un homme dont la perspicacité, l’engagement et l’écriture ont ouvert la voie à de futurs grands écrivains noirs américains.

"La prochaine fois le feu", James Baldwin

          En dépit des bouleversements psychologiques et sociaux qu'il exige, cet ouvrage ne veut que proposer la solution de bon sens au problème de la place des Noirs dans la société américaine. Malgré le ton parfois menaçant, malgré la satire souvent mordante, La prochaine fois, le feu est avant tout un appel à la modération, une ultime tentative de compromis (en 1963) entre les extrémistes des deux bords aveuglés par la passion. Tant par l'actualité des phénomènes dont il présente l'analyse irréfutable que par le mélange de douleur contenue et d'ironie cinglante qui lui donne ce ton si particulier, ce témoignage ne manquera pas d'attirer l'attention du lecteur qui en retiendra les qualités littéraires autant que l'importance politique.

"Une colère noire", Ta-nehisi Coates

          Voilà ce qu'il faut que tu saches : en Amérique, la destruction du corps noir est une tradition ? un héritage. Je ne voudrais pas que tu te couches dans un rêve. Je voudrais que tu sois un citoyen de ce monde beau et terrible à la fois, un citoyen conscient. J'ai décidé de ne rien te cacher.

"Les goulags de la démocratie", Angela Davis

          Voici le plus récent livre d’une grande féministe, une des plus importantes militantes contemporaines qui a transformé les États-Unis, aux côtés de Malcom X et de Martin Luther King. Dans cette série d’entretiens, Davis jette en quelques pages un regard hors norme et éclairé sur notre société, le racisme institutionnalisé, la violence sexuelle, la torture, la pauvreté, la mondialisation… Elle met à nu les liens entre impérialisme, prison et torture, ce qui l’amène à étudier les récents scandales dans les prisons de Guantanamo et d’Abou Ghraïb. Si les exactions commises dans ces prisons militaires ont ému le monde entier, Davis montre comment de telles violations ne sont que la continuité du système carcéral états-unien où les pratiques de torture sont déjà normalisées et institutionnalisées. Toute la force de l’argumentation de Davis réside dans la démonstration de relations étroites entre la politique carcérale et la politique étrangère états-unienne : le complexe carcéro-industriel, système d’oppression, fait écho au complexe militaro-industriel. Pour elle, toute société fondée sur l’oppression d’un groupe quelconque par un autre groupe ne peut être considérée comme démocratique. Une véritable démocratie ne peut être qu’abolitionniste, dans le prolongement de l’abolition de l’esclavage, de la peine de mort, puis des prisons. Le discours terrorisant et simpliste de Bush, la fausse égalité raciale et sexuelle, la liberté illusoire, la prison comme solution aux problèmes sociaux, Davis ne recule devant aucun sujet délicat. Ses propos dérangent, remuent, et bouleversent avec pertinence et précision les idées reçues. Cette intellectuelle d’envergure apporte, par sa réflexion, espoir et profondeur au monochrome discours ambiant.

"Beloved" Tori Morrison

          Vers 1870, aux États-Unis, près de Cincinnati dans l'Ohio, le petit bourg de Bluestone Road, dresse ses fébriles demeures. L'histoire des lieux se lie au fleuve qui marquait jadis pour les esclaves en fuite la frontière où commençait la liberté. Dans l'une des maisons, quelques phénomènes étranges bouleversent la tranquillité locale : les meubles volent et les miroirs se brisent, tandis que des biscuits secs écrasés s'alignent contre une porte, des gâteaux sortent du four avec l'empreinte inquiétante d'une petite main de bébé. Sethe, la maîtresse de maison est une ancienne esclave. Dix-huit ans auparavant, dans un acte de violence et d'amour maternel, elle a égorgé son enfant pour lui épargner d'être asservi. Depuis, Sethe et ses autres enfants n'ont jamais cessé d'être hantés par la petite fille. L'arrivée d'une inconnue, Beloved, va donner à cette mère hors-la-loi, rongée par le spectre d'un infanticide tragique, l'occasion d'exorciser son passé. Inspirée par une histoire vraie, renforcée par ses résonances de tragédie grecque, cette œuvre au lyrisme flamboyant est l'histoire d'un destin personnel et d'un passé collectif.