Les recommandations des participants à l'apéritif-culture de Mai

14.05.2019

Comme tous les premiers vendredis du mois, l’apéritif-culture du mois de Mai a permis de mettre en valeur certaines œuvres particulièrement appréciées par les participants.

Le thème de cet apéritif était Le Souvenir.

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Voilà nos recommandations:

 

Les bds

« Indélébiles », Luz

            De 1992 à 2015, Luz a dessiné toutes les semaines pour Charlie Hebdo. Jeune provincial puceau arrivé à Paris,il rencontre Cabu qui le prend sous son aile et l'entraîne à La Grosse Bertha, qui devient Charlie Hebdo. Avec le temps il devient l'un des piliers du journal. Dans un long rêve, il égrène ses souvenirs : ses amis, Charb, Tignous, Gébé, Catherine Meurisse..., le premier reportage en banlieue, aux USA, la tournée en Bosnie en guerre avec le chanteur Renaud, son infiltration au RPR, les manifs... Et la vie de bureau, les bouclages, les unes, Johnny. Enfin, il y a surtout la présence de Cabu, le mentor, jamais avare de conseils, qui essaie par exemple de lui apprendre à dessiner discrètement dans sa poche.

Les romans

« Une très légère oscillation », Sylvain Tesson

La géographie de Sylvain Tesson est vaste. Elle couvre Paris, les toits de Notre-Dame, les calanques de Cassis, les montagnes de Chamonix, l’Irak, l’Ukraine, la Russie. Il y a les expéditions et les voyages intérieurs, les bivouacs d’un soir et les méditations d’un jour, mais aussi les escalades des parois et les descentes au fond des livres. Entre les mots se dessine l’écriture d’un destin. Alors que son dernier livre Sur les chemins noirs raconte son voyage du sud de la France au Cotentin, Une très légère oscillation est un miroir le long d’autres chemins. Le journal de Sylvain Tesson oscille entre le Manuel d’Epictète et les pensées de Jules Renard. Il nous incite à jouir de l’instant, à ne rien attendre du lendemain et à s’extasier des manifestations du vivant : une branche dans le vent, le reflet de la lune. C’est la chose la plus difficile au monde que de reconnaître le bien-être dans ses expressions les plus humbles, de le nommer, le saisir, le chérir. Savoir qu’on est en vie, que cela ne durera pas, car tout passe et tout s’écoule.

Les témoignages

« L’ange sauvage », Cyril Collard

Eté 1979. Cyril Collard ouvre son premier carnet. Jour après jour, mois après mois, il y note ses découvertes, ses rêves, ses doutes. Détails de sa vie quotidienne jusqu'en décembre 1992. Et peu à peu, l'écriture devient nécessité. Amoureux fou de la vie et des mots, sans cesse il a voulu aller plus loin, plus haut, " cherchant à réunir l'animal et l'idée ", au-delà des conventions et des règles établies. A travers la musique, le cinéma et l'écriture, Cyril Collard a été toute sa vie à la quête d'un absolu. Souvent égaré sur les chemins de la drogue et du sexe, déchiré par une sensibilité hors norme, il nous offre ces textes, soucieux d'une vérité par beaucoup décriée. Loin de tout voyeurisme, nous découvrons au fil de ces pages un autre visage, celui de l'Ange sauvage.

« L’homme qui m’aimait tout bas », Eric Fotorino

Mon père s'est tué d'une balle dans la bouche le 11 mars 2008. Il avait soixante-dix ans passés. J'ai calculé qu'il m'avait adopté trente-huit ans plus tôt, un jour enneigé de février 1970. Toutes ces années, nous nous sommes aimés jusque dans nos différences. Il m'a donné son nom, m'a transmis sa joie de vivre, ses histoires de soleil, beaucoup de sa force et aussi une longue nostalgie de sa Tunisie natale. En exerçant son métier de kinésithérapeute, il travaillait " à l'ancienne ", ne s'exprimait qu'avec les mains, au besoin par le regard. Il était courageux, volontaire, mais secret : il préféra toujours le silence aux paroles, y compris à l'instant ultime où s'affirma sa liberté, sans explication. " Ce sont les mots qu'ils n'ont pas dits qui font les morts si lourds dans leur cercueil ", écrivit un jour Montherlant. Mais il me laissa quand même mes mots à moi, son fils vivant, et ces quelques pages pour lui dire combien je reste encore avec lui.

« Je me souviens », George Perec

C'est souvent entre amis que l'on ressuscite ce genre de souvenirs. Personnels bien que communs à tous, constitutifs de notre petite histoire, pas vraiment de la grande, et pourtant... De Bobet à Bombard, de Bobino aux billes de la récré, de Cesarem legato alacrem eorum à Gaston / y'a l'téléfon / qui son', avec un détour par Rintintin, Zappy Max, les "p'tits trous" des tickets de métro, les débuts de Johnny, Email Diamant, Louis Caput, et Ploum Ploum Tra la la, Georges Perec enfile ces "impalpables petites nostalgies" comme des perles. Apparaît alors un de ces colliers d'enfants colorés, bigarrés, émouvants par leur irrégularité maladroite, et que l'on chérit déjà comme le souvenir-symbole d'un passé heureux.

Et comme toujours, de superbes poèmes de Vickie :

« Saint-Sever, mon étoile en Chalosse »

« Un parfum au firmament »

Tous ces ouvrages sont déjà, ou vont être rapidement disponibles dans votre médiathèque.

Bonne découverte!