Les recommandations des participants à l'apéritif-culture de Juin

08.06.2019

Comme tous les premiers vendredis du mois, l’apéritif-culture du mois de Juin a permis de mettre en valeur certaines œuvres particulièrement appréciées par les participants.

Le thème de cet apéritif était Les Dictatures

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Les bds

« Paroles d'honneur », Laetitia Corryn, Leila Slimani

            Rabat, été 2015. Suite à la parution de son livre "Dans le jardin de l'ogre", un roman cru et audacieux qui aborde la thématique de l'addiction sexuelle, Leila Slimani part à la rencontre de ses lectrices marocaines. Face à cette écrivaine franco-maghrébine décomplexée qui aborde la sexualité sans tabou, la parole se libère. Au fil des pages, l'auteur recueille des témoignages intimes déchirants qui révèlent le malaise d'une société hypocrite dans laquelle la femme ne peut être que vierge ou épouse, et où tout ce qui est hors mariage est nié : prostitution, concubinage, homosexualité. Le code pénal punit toute transgression : un mois à un an de prison pour les relations hétérosexuelles hors mariage, six mois à trois ans de prison pour les relations homosexuelles, un à deux ans de prison pour les adultères. Soumises au mensonge institutionnalisé, ces femmes nous racontent les tragédies intimes qui égrènent leurs vies et celles des femmes qui les entourent : IVG clandestines, viols, lynchages, suicides.
Toutes sont tiraillées entre le désir de se libérer de cette tyrannie et la crainte que cette libération n'entraîne l'effondrement des structures traditionnelles. A travers cette BD, il s'agit de faire entendre la réalité complexe d'un pays où l'islam est religion d'Etat. Et où le droit des femmes passera, avant tout, par la défense de leurs droits sexuels.

"L'année du lièvre", Tian

Phnom Penh, avril 1975. Les Khmers rouges ont pris la capitale et le pouvoir. Comme tous les habitants de la ville, Lina – sur le point d'accoucher – et sa famille sont dirigées hors de Phnom Penh. Subitement démunis, ils avancent dans la campagne cambodgienne, survivent dans la confusion, et entrevoient peu à peu ce que veut dire cette révolution. S'ils comprennent que leur vie ne sera plus jamais la même, ils sont encore loin d'imaginer la tragédie de leur pays tout entier...

 

Les romans

« Les trois mariages de Manolita », Almudena Grandes

À Madrid, juste après la guerre civile, survivre est chaque jour une épreuve. Manolita, dix-sept ans, doit s'occuper de ses frères et sœurs – ses parents sont en prison et son frère Antonio vit caché. Tandis que l'Espagne connaît les heures les plus terribles de la répression, Antonio décide de continuer à résister en diffusant de la propagande clandestine. Mais personne ne sait utiliser les machines à polycopier, et Antonio somme sa sœur de prendre contact avec un détenu susceptible de connaître leur fonctionnement. La rencontre avec ce garçon timide et apparemment sans attraits se révélera déterminante dans l’existence de Manolita.

« Inès et la joie », Almudena Grandes

En 1944, alors que le Débarquement approche, Galán et ses compagnons, membres du parti communiste, sont convaincus de pouvoir instaurer bientôt un gouvernement républicain à Viella, en Catalogne. Non loin de là vit Inés. Restée seule à Madrid pendant la guerre civile, elle a épousé la cause républicaine, au grand dam de son frère, délégué de la Phalange, qui la tient à l’œil. Alors qu’elle écoute en cachette Radio Pyrénées, elle capte un jour l’annonce de l’Opération Reconquête. Pleine de courage, elle décide de rejoindre cette armée. Une vie aventureuse et un grand amour l’y attendent.

« La ferme des animaux », George Orwell

Un certain 21 juin eut lieu en Angleterre la révolte des animaux. Les cochons dirigent le nouveau régime. Boule de Neige et Napoléon, cochons en chef, affichent un règlement: “Tout deuxpattes est un ennemi. Tout quatrepattes ou tout volatile, un ami. Nul animal ne portera de vêtements. Nul animal ne dormira dans un lit. Nul animal ne boira d’alcool. Nul animal ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux.”
Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer : “Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres.”

« L’archipel du goulag », Alexandre Soljenitsyne

Immense fresque du système concentrationnaire en U.R.S.S. de 1918 à 1956, " L'archipel du goulag " (ce dernier mot est le sigle de l'Administration générale des camps d'internement) fut terminé par Soljénitsyne en 1968. " le cœur serré, je me suis abstenu, des années durant, de publier ce livre alors qu'il était déjà prêt : le devoir envers les vivants pesait plus lourd que le devoir envers les morts. Mais à présent que, de toute façon, la sécurité d'Etat s'est emparée de ce livre, il ne me reste plus rien d'autre à faire que de le publier sans délai. " 227 anciens détenus ont aidé Soljénitsyne à édifier ce monument au déporté inconnu qu'est " L'archipel du goulag ". Les deux premières parties, qui composent ce premier volume, décrivent ce que l'auteur appelle " l'industrie pénitentiaire ", toutes les étapes par lesquelles passe le futur déporté : l'arrestation, l'instruction, la torture, la première cellule, les procès, les prisons, etc. - ainsi que le " mouvement perpétuel ", les effroyables conditions de transfert. (Les deux parties suivantes consacrées à la description du système et de la vie concentrationnaires feront l'objet du second volume à paraître prochainement.) " L'archipel du goulag " n'est pas un roman mais, comme l'intitule Soljénitsyne, un essai d'investigation littéraire. La cruauté parfois insoutenable des descriptions, l'extrême exigence de l'auteur vis-à-vis de lui-même et l'implacable rigueur du réquisitoire sont sans cesse tempérées par la compassion, l'humour, le souvenir tantôt attendri, tantôt indigné ; les chapitres autobiographiques alternent avec de vastes aperçus historiques ; des dizaines de destins tragiques revivent aux yeux du lecteur, depuis les plus humbles jusqu'à ceux des hauts dignitaires du pays. La généralisation et la personnalisation, poussée chacune à leur limite extrême, font de " L'archipel du goulag " un des plus grands livres jamais écrits vivant au monde, " notre contemporain capital ".

 

Les témoignages

« Un mère contre la dictature », Hebe de Bonafini, Mathilde Sanchez

Hebe de Bonafini et ses compagnes, les Mères de la Place de Mai, ont reçu du Parlement européen en 1992, le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit. Ce livre est le témoignage d'une femme qui a joué un rôle exemplaire dans le mouvement des " Mères de la Place de Mai " en Argentine. Hebe de Bonafini menait une vie de famille heureuse lorsque ses deux fils et sa belle-fille furent enlevés par la police militaire, sans qu'elle puisse jamais obtenir de la part des autorités la moindre information sur leur sort. Ils sont toujours au nombre des " disparus " d'Argentine. Ce récit dense, recueilli par Matilde Sànchez, nous fait revivre la lutte héroïque et passionnée d'une mère pour tenter de faire céder les appareils militaires et policiers d'une dictature. Au-delà de l'émotion qui se dégage de ce destin tragique, le lecteur découvre la personnalité charismatique de cette femme et la spécificité de ce mouvement qui lutte contre l'impunité, l'arbitraire et la barbarie.

« Moi, Victoria, enfant volée de la dictature argentine», Victoria Donda

Durant les années noires de la dictature argentine (1976-1983), les militaires supplicièrent et assassinèrent des dizaines de milliers de personnes. Dans les prisons, des centaines de bébés furent enlevés à leurs mères et donnés à des sympathisants du régime. A vingt-sept ans, Victoria découvre qu'elle est l'un de ces enfants. A l'époque, elle s'appelle encore Analia et ignore tout de l'histoire tragique de sa naissance. Elle ne sait pas que c'est son oncle - tortionnaire et officier haut placé dans le plus important centre de détention clandestin de Buenos Aires - qui a participé à l'arrestation et à l'assassinat de ses parents, puis l'a fait placer dans une famille de militaires sous un faux nom... Après avoir vécu tant d'années dans le mensonge, Victoria doit se réapproprier son destin, reconstruire entièrement son histoire et son identité. Grâce à une force de vie exceptionnelle, elle parvient à renaître : elle poursuit le combat politique mené par ses véritables parents, reprend son nom et se fait élire députée en 2007. Un témoignage unique sur le destin des enfants de disparus dans l'Argentine des années de plomb.

 

Et le puissant discours, toujours d’actualité, du « Dictateur », de Charlie Chaplin :

https://www.charliechaplin.com/fr/articles/249-Le-discours-final-du-Dictateur

Tous ces ouvrages sont déjà, ou vont être rapidement disponibles dans votre médiathèque.

Bonne découverte!