Les nouveautés dans votre médiathèque: 28 octobre

29.10.2019

Grâce au soutien de la bibliothèque départementale de l’Aude, tous les quinze jours de nouveaux livres sont mis à votre disposition au sein de la médiathèque de Roullens.

Les nouveautés du 28 octobre

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Jeunesse

Albums

« Les carottes sont cuites », Benoit Broyart, Laurent Richard

Les carottes, c'est leur truc, leur passion. Crues, cuites, râpées, en rondelles, en purée ou en soupe. En gratin, en tarte ou en tourte. Le problème ? L'un est un jardinier consciencieux, quand l'autre joue double jeu !

« La vie de Smisse. Jours d’école», Isabelle Chavigny, Ivan Grinberg, Marie Caudry

Smisse a trois ans. C'est sa première rentrée des classes. Il a hâte d'y aller, mais une fois dans sa classe, il préfèrerait quand même que l'école, ça soit plutôt demain... Dans la classe, à la cantine, comme dans la cour, il y tant à découvrir et tant d'aventures à vivre ! Smisse s'y fait des nouveaux copains comme Boubou, apprend à faire la sieste sans son doudou (Ouf, le singe) et découvre d'étranges créatures revêches : les filles.

« Les belles espérance », Jo Hoestlandt, Delphine Grenier

" La vie est un voyage qui prend du temps. Un voyage sous toutes sortes de vents. Les uns vous poussent, d'autres vous retiennent. Et parfois, il semble qu'il n'y ait plus de vent. C'est à ces moments-là, sans vent, qu'on se pose des questions, plein de questions, c'est à ces moments-là qu'on s'arrête, qu'on réfléchit, qu'on regrette, qu'on rêve, qu'on espère... qu'on attend.

 

BDs

« Jules B, l’histoire d’un juste », Armelle Modéré

Jules Badey est un cordonnier bourguignon pendant la Seconde Guerre mondiale, un homme sans histoire qui essaie tant bien que mal d’exercer son métier dans un pays occupé. De la guerre, il ne pense pas grand-chose, hormis qu’elle l’empêche de traiter ses commandes correctement par le manque de matières premières, ces dernières étant souvent bloquées et/ou réquisitionnées par les Allemands. C’est un homme seul et abattu qui accuse le coup du départ de sa femme pour un autre homme, un « baron » qui possède un manoir à la sortie du village. Il noie sa détresse dans son vin quotidien. Des juifs, il ne pense rien non plus. A peine sait-il qui ils sont. De la déportation, il n’a jamais entendu parler et l’exode qui commence sous ses yeux est pour lui un simple défilé de voitures qui partent se mettre en lieu sûr plus au Sud. Alors quand il croise sur sa route 3 petits enfants juifs, il est décontenancé. Son cœur parle et lui demande de les protéger.

« La sage d’Atlas et Axis », Pau

Dans le monde de Pangea, où tous les animaux parlent et marchent sur deux pattes, Atlas et Axis sont deux cabots aux caractères et pedigrees bien différents : le premier est intelligent et rationnel, alors que le second a plutôt tendance à se fier à son flair. Le jour où leur village est ravagé par les cruels Vikiens, des brutes sanguinaires venues du Nord, Atlas et Axis prennent leur courage à deux pattes et partent braver le grand Nord pour venger les leurs… L’étonnante épopée de deux héros attachants dans un album visuellement époustouflant !

 

Documentaire

« Je vais à l’école », Delphine Gravier-Badreddine

Entrer à l'école, c'est le signe qu'on est devenu grand... Ce volume de la petite Encyclopédie fera découvrir aux petits le monde passionnant de l'école : les lieux, le rythme de la journée, les apprentissages, les amis... Avec la magie des pages transparentes de "Mes premières Découvertes".

 

Romans

« Petit Pierre le pirate», Anthony Pastor

Petit Pierre est le plus petit des grands pirates. Aux commandes de son navire Le Joyeux, il n’a peur de rien, ou presque. Un jour, alors qu’il peste contre le vent qui ne souffle pas, il fait une drôle de rencontre : un ours polaire à bord d’une barque minuscule ! Il l’invite à rejoindre son équipage. Car Petit Pierre aura besoin d’aide pour affronter une tempête, un naufrage, et le terrible Barbequipique...

L’intégrale « Les royaumes de feu », Tui T. Sutherland

Une terrible guerre divise les royaumes du monde de Pyrrhia. Selon une mystérieuse prophétie, seuls cinq jeunes dragons nés lors de la Nuit-la-plus-Claire pourront mettre fin aux combats et apporter la paix. Mais les élus, Argil, Tsunami, Gloria, Comète et Sunny, rêvent de voler de leurs propres ailes plutôt que d'accomplir leur destin... Une saga épique et flamboyante, par l'un des créateurs de «La Guerre des clans». Un univers riche et fascinant, une intrigue captivante, une amitié indéféctible. Partagez l'aventure de cinq jeunes dragons aussi valeureux qu'attachants.

 

Jeune adulte

« After », Anna Todd

Tessa est une jeune fille ambitieuse, volontaire, réservée. Elle contrôle sa vie. Son petit ami Noah est le gendre idéal. Celui que sa mère adore, celui qui ne fera pas de vagues. Son avenir est tout tracé : de belles études, un bon job à la clé, un mariage heureux... Mais ça, c'était avant qu'il ne ne la bouscule dans le dortoir. Lui, c'est Hardin, bad boy, sexy, tatoué, piercé, avec un " p... d'accent anglais ! " Il est grossier, provocateur et cruel, bref, il est le type le plus détestable que Tessa ait jamais croisé. Et pourtant, le jour où elle se retrouve seule avec lui, elle perd tout contrôle... Cet homme ingérable, au caractère sombre, la repousse sans cesse, mais il fait naître en elle une passion sans limites. Une passion qui, contre toute attente, semble réciproque... Initiation, sexe, jalousie, mensonges, entre Tessa et Hardin est-ce une histoire destructrice ou un amour absolu ? L'écriture rythmée d'Anna Todd rendra accros tous ses lecteurs.

 

Adultes

« Vivre heureux avec son enfant », Docteur Catherine Gueguen

Comment faire quand votre enfant a des colères répétées ? S'il ne veut pas se coucher ? S'il ne veut pas manger, ni obéir ? Faut-il le punir ou s'opposer à lui ? Faut-il le laisser pleurer ? Au travers de nombreux exemples tirés de ses consultations, et en s'appuyant sur les recherches en neurosciences affectives, Catherine Gueguen propose ici une nouvelle approche : voir et ressentir le monde par les yeux de l'enfant et enfin pouvoir se mettre à sa hauteur. En effet, les dernières découvertes sur le développement du cerveau émotionnel nous montrent qu'une relation empathique et bienveillante permet à l'enfant de déployer toutes ses possibilités affectives et intellectuelles. Un plaidoyer pour une autre vision de l'éducation. « À la lumière des récentes découvertes des neurosciences, le Dr Catherine Gueguen nous invite à revisiter l'éducation de nos enfants vers plus de bienveillance et d'empathie. »

 

BDs

« Le dieu vagabond », Fabrizio Dori

Dernier de sa lignée divine, Eustis le satyre mène une vie oisive et solitaire dans le monde moderne. Lorsqu’il découvre que d’autres dieux ont survécu, il part à la recherche de son ami Pan, curieux disparu qui semble cristalliser l’attention de tout le nouveau panthéon de l’« Hôtel Olympus ». Mais Eustis n’est qu’une divinité mineure, et peut-être vient-il de mettre le doigt dans un engrenage dangereux...

« Le rapport W. Infiltré à Auschwitz », Gaétan Nocq

Witold Pilecki, officier de l'Armée secrète polonaise, décide d'infiltrer le camp d'Auschwitz en septembre 1940. Sous l'identité de Tomasz Serafinski, il a pour objectif de monter un réseau de résisance afin d'organiser le soulèvement du camp. Il ne mesure pas l'enfer qui l'attend.

Histoire

« Culture et barbarie européennes », Edgar Morin

" L'Europe a été le foyer d'une domination barbare sur le monde durant cinq siècles. Elle a été en même temps le foyer des idées émancipatrices qui ont sapé cette domination. Il faut comprendre la relation complexe, antagoniste et complémentaire, entre culture et barbarie, pour savoir mieux résister à la barbarie. Les tragiques expériences du XXe siècle doivent aboutir à une nouvelle conscience humaniste. Ce qui est important, ce n'est pas la repentance, c'est la reconnaissance. Cette reconnaissance doit concerner toutes les victimes: Juifs, Noirs, Tziganes, homosexuels, Arméniens, colonisés d'Algérie ou de Madagascar. Elle est nécessaire si l'on veut surmonter la barbarie européenne. Il faut être capable de penser la barbarie européenne pour la dépasser, car le pire est toujours possible. Au milieu du désert menaçant de la barbarie, nous sommes pour le moment sous la protection relative d'une oasis. Mais nous savons aussi que nous sommes dans des conditions historico-politico-sociales qui rendent le pire envisageable, particulièrement lors des périodes paroxystiques. La barbarie nous menace, y compris derrière les stratégies qui sont censées s'y opposer. "

« La gangrène et l’oubli. La mémoire de la guerre d’Algérie », Benjamin Stora

De 1954 à 1962, quelque deux millions de Français ont fait la guerre aux Algériens. Quarante ans après, cette « guerre sans nom » reste une page blanche de l'histoire nationale. Et le refoulement de sa mémoire continue à ronger comme une gangrène les fondements même de la société française. De l'autre côté de la Méditerranée, un refoulement symétrique mine la société algérienne : la négation par l'histoire officielle de pans entiers de la guerre de libération n'est pas pour rien dans la guerre civile qui déchire le pays depuis 1992. Pour comprendre les causes de cette double occultation, Benjamin Stora tente dans cet essai d'éclairer les mécanismes de fabrication de l'oubli, en France comme en Algérie. Il démontre comment ceux-ci se sont mis en place dès la guerre elle-même : du côté français, c'est la négation de l'existence même de la guerre, le refus obstiné de reconnaître la réalité de la torture et des exécutions sommaires ; du côté algérien, c'est la violence de la guerre civile secrète qui opposa le FLN et le MNA, où le massacre en masse des harkis à l'été 1962, perpétré par les ralliés de la vingt-cinquième heure. L'auteur montre également comment les mensonges de la période 1954-1962 seront à leur tour, dans les décennies suivantes, enfouis dans les mémoires par les amnisties ou les non-dits d'une histoire éclatée, telle qu'elle ressort des livres ou des films consacrés à la guerre.

 

Romans

« Les enténébrés », Sarah Chiche

Automne 2015. Alors qu’une chaleur inhabituelle s’attarde sur l’Europe, une femme se rend en Autriche pour écrire un article sur les conditions d’accueil des réfugiés. Elle se prénomme Sarah. Elle est aussi psychologue, vit à Paris avec Paul, un intellectuel connu pour ses écrits sur la fin du monde, avec qui elle a un enfant. À Vienne, elle rencontre Richard, un musicien mondialement célébré. Ils se voient. Ils s’aiment. Elle le fuit puis lui écrit, de retour en France. Il vient la retrouver. Pour Sarah, c’est l’épreuve du secret, de deux vies tout aussi intenses menées de front, qui se répondent et s’opposent, jusqu’au point de rupture intérieur : à l’occasion d’une autre enquête, sur une extermination d'enfants dans un hôpital psychiatrique autrichien, ses fantômes vont ressurgir. S’ouvre alors une fresque puissante et sombre sur l'amour fou, où le mal familial côtoie celui de l’Histoire en marche, de la fin du xixe siècle aux décombres de la Deuxième Guerre mondiale, de l'Afrique des indépendances à la catastrophe climatique de ce début de millénaire.

« La perte de l’image », Peter Handke

Une jeune femme, à la tête d'un empire financier, quitte un matin sa grande ville d'Europe du Nord pour rejoindre la Manche, région aride et sauvage rendue illustre par Cervantès. Elle veut y retrouver l'auteur qu'elle a chargé d'écrire sa biographie et qui vit retiré là-bas depuis des années. Chemin faisant, la «princesse de la finance» s'adresse en pensée à son auteur, l'interroge, prévient ses questions, ses remarques, ses objections. Elle évoque sa fille adolescente, indépendante et fugueuse, son jeune frère, en prison pour terrorisme, et son ancien compagnon, loin d'elle depuis des années. Arrivée enfin dans le «palais de gentilhomme campagnard» où vit l'auteur, elle s'installe au coin du feu pour raconter en détail sa traversée de la Sierra de Gredos. L'auteur n'a plus qu'à écrire le roman de cette femme, l'histoire de la perte de l'image - et de sa redécouverte.

« Un clocher dans la plaine », Joseph L’hopital

La paroisse de Vironville est à l’image de la Normandie : un curé aux prises avec l’anticléricalisme, des paroissiens croyants par prudence, l’alcoolisme de tradition, une jeune épouse qui veut s’émanciper, un riche propriétaire et des familles laborieuses. Ce petit monde se côtoie avec ses habitudes, ses intérêts, ses misères, sa tendresse...

« L’étrangère », Sandor Marai

Comme Métamorphoses d’un mariage, L’étrangère est l’histoire d’un adultère. Comme Le premier amour, c’est le récit implacable de la déchéance d’un homme. Par un jour d’été torride, Viktor Henrik Askenazi, un universitaire de 48 ans, arrive dans un hôtel d’une petite station balnéaire de la côte dalmate. Il cherche à guérir de sa dépression et fuit à la fois sa maîtresse Élise, une danseuse, qu’il vient de quitter, sa femme Anna, sa fille, ses amis, son travail. Il fuit le questionnement qui le hante : que cherche-t-on, qui se dérobe constamment, derrière le désir, la passion, quel manque insondable cherche-t-on à combler à travers chaque acte de sa vie ? Dans un long flash-back, Askenazi revit les étapes de son adultère, occasion pour Márai de stigmatiser avec une ironie mordante les conventions sociales et d’analyser crûment les balancements d’un coeur masculin. Au terme de quatre jours fiévreux, Askenazi commettra un acte impardonnable et cathartique…

« Rouge impératrice », Léonora Miano

Le lieu  : Katiopa, un continent africain prospère et autarcique, presque entièrement unifié, comme de futurs Etats-Unis d’Afrique, où les Sinistrés de la vieille Europe sont venus trouver refuge. L’époque  : un peu plus d’un siècle après le nôtre.
Tout commence par une histoire d’amour entre Boya, qui enseigne à l’université, et Illunga, le chef de l’Etat. Une histoire interdite, contre-nature, et qui menace de devenir une affaire d’Etat. Car Boya s’est rapprochée, par ses recherches, des Fulasi, descendants d’immigrés français qui avaient quitté leur pays au cours du XXIème siècle, s’estimant envahis par les migrants. Afin de préserver leur identité européenne, certains s’étaient dirigés vers le pré carré subsaharien où l’on parlait leur langue, où ils étaient encore révérés et où ils pouvaient vivre entre eux. Mais leur descendance ne jouit plus de son pouvoir d’antan  : appauvrie et dépassée, elle s’est repliée sur son identité. Le chef de l’Etat, comme son Ministre de l’intérieur et de la défense, sont partisans d’expulser ces populations inassimilables, auxquelles Boya préconise de tendre la main. La rouge impératrice, ayant ravi le cœur de celui qui fut un des acteurs les plus éminents de la libération, va-t-elle en plus désarmer sa main  ? Pour les «  durs  » du régime, il faut à tout prix séparer ce couple…

« Mais leurs yeux dardaient sur Dieu », Zora Neale Hurston

« Janie avait seize ans. Un feuillage vernissé et des bourgeons tout près d’éclore et le désir de prendre à bras-le-corps la vie, mais la vie semblait se dérober. Où donc étaient-elles, ses abeilles chanteuses à elle ?… Du haut des marches elle scruta le monde aussi loin qu’elle put, et puis elle descendit jusqu’à la barrière et s’y pencha pour contempler la route de droite et de gauche. Guettant, attendant, le souffle écourté par l’impatience. Attendant que le monde vienne à se faire. » Il ne faudra pas moins de trois mariages et trois vies – le vieux Logan Killicks et ses sentiments trop frustes, le fringant Joe Starks et ses ambitions politiques dévorantes, puis la promesse d’égalité, l’étreinte d’amour et le frisson extatique qu’incarne Tea Cake – pour permettre à Janie d’atteindre toute la mesure de son rêve d’émancipation et de liberté. Portrait d’une femme entière, animée par la force de son innocence, qui brave la rumeur du monde et se révèle à l’existence, Mais leurs yeux dardaient sur Dieu est un chef-d’œuvre – et l’un des tout premiers romans écrits par une Afro-Américaine. Un monument de la littérature, aussi percutant aujourd’hui que lors de sa parution aux États-Unis en 1937. À découvrir ou redécouvrir dans une traduction inédite magistrale.

« Les jours », Sylvain Ouillon

Ils s'appellent Devoise ou Lechopier, Vacher ou Simone ou Lucien, cela commence vers 1833, dans un petit village de la Creuse et s'achève sur le rivage du XXI ? siècle, à Madagascar. Qui ça ils ? Mais eux, bien sûr, c'est-à-dire nous, vous, moi, enfin la famille infinie des autres dans son éternel voyage. Cela est-il racontable ? Non, et c'est pourquoi il fallait que quelqu'un s'y colle. Sylvain Ouillon l'a fait, tenant à la fois de la chronique biblique et de l'Almanach Vermot. La reine Victoria y est sur la photo en même temps que votre arrière grand-père et Lénine fait du vélo en banlieue. Tout le monde est là, sans distinction. Histoires de familles, loin, très loin de l'étroit roman familial : Les Jours fait le voyage trans-générationnel et sonne tout au long le coeur battant des vivants et des morts. Un livre stupéfiant.

« Le peuple de mon père », Yaël Pachet

Il faut écrire. Jamais mon père n’en formulait aussi clairement l’injonction, mais c’était ce que je ressentais à ses côtés. Il me demandait toujours si j’étais en train d’écrire comme on prend des nouvelles d’un proche. Dans son enfance tourmentée, alors qu’il se plaignait de l’ennui, son propre père lui avait sévèrement répliqué  : «  Tu t’ennuies  ? Tu n’as qu’à avoir une vie intérieure  ! Alors tu ne t’ennuieras jamais…  » Et mon père a obéi. Au-delà sans doute de ce que mon grand-père envisageait  ; jusqu’à consacrer à cette vie intérieure des milliers d’heures et des centaines de pages, et jusqu’à me transmettre à sa façon ce qui demeure le plus beau cadeau que j’aie reçu de lui.

« Les pérégrins », Olga Tokarczuk

Prix Nobel de littérature 2018

Man Booker International Prize 2018

 « Alors, remue-toi, balance-toi, cours, file ! Si t’oublies ça, si tu t’arrêtes, il va t’attraper avec ses grosses pattes velues et faire de toi une marionnette. Il t’empestera de son haleine qui sent la fumée, les gaz d’échappement et les décharges de la ville. Il va transformer ton âme multicolore en une petite âme toute raplapla, découpée dans du papier journal. » La clocharde du métro de Moscou qui parle ici appartient aux Bieguny (les marcheurs ou pérégrins), une secte de l’ancienne Russie, pour qui le fait de rester au même endroit rendait l’homme plus vulnérable aux attaques du Mal, tandis qu’un déplacement incessant le mettait sur la voie du Salut. En une myriade de textes courts, Les Pérégrins, sans doute le meilleur livre d’Olga Tokarczuk, compose un panorama coloré du nomadisme moderne. Routards, mères de famille en rupture de ban, conducteur de ferry qui met enfin le cap sur le grand large : qu’ils soient fuyards ou conquérants, les personnages sont aux prises avec leur liberté, mais aussi avec le temps. Et ce sont les traces de notre lutte avec le temps que relève l’auteur aux quatre coins du monde : depuis les figures de cire des musées d’anatomie jusqu’aux méandres de l’Internet, en passant par les cartes et plans.

 

Romans policiers

« Agatha Raisin enquête. Randonnée mortelle», M. C. Beaton

Après un séjour de six mois à Londres, Agatha retrouve enfin ses chères Cotswolds - et le non moins cher James Lacey. Même si le retour au bercail de son entreprenante voisine ne donne pas l'impression d'enthousiasmer particulièrement le célibataire le plus convoité de Carsely. Heureusement, Agatha est très vite happée par son sport favori : la résolution d'affaires criminelles. Comme le meurtre d'une certaine Jessica, qui militait pour le droit de passage de son club de randonneurs dans les propriétés privées des environs. Les pistes ne manquent pas : plusieurs membres du club et quelques propriétaires terriens avaient peut-être de bonnes raisons de souhaiter sa disparition. Mais la piste d'un tueur se perd aussi facilement que la tête ou... la vie !

« Mort mystérieuse d’un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d’un manoir Tudor de Sussex », L. C. Tyler

Findon, province du Sussex. L’écrivain Ethelred Tressider a décidé de délaisser pendant un temps le roman policier pour se consacrer à sa grande œuvre littéraire. Au grand dam de son agent, Elsie Thirkettle, que la littérature intéresse surtout pour son aspect commercial. Pour apaiser les tensions qui règnent entre eux, ils s’affrontent au Cluedo et sortent dans le grand monde. Comme ce fameux soir où Sir Robert Muntham, un ami d’enfance d’Ethelred ayant fait fortune dans la finance, les convie à dîner avec quelques notables. À peine ont-ils le temps de remarquer la saisissante ressemblance entre le magnifique manoir de Sir Robert et celui du Cluedo que leur hôte est retrouvé étranglé. Avec une corde. Dans la bibliothèque. Commence alors pour Ethelred et Elsie une nouvelle partie, bien réelle cette fois, d’autant plus « jubilatoire » que la pièce était fermée de l’intérieur lors du crime, et que seul l’un des dix convives présents a pu commettre le meurtre.

 

Société

« La fracture », Gilles Kepel

«De la tuerie de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, à l’assassinat du père Hamel, le 26 juillet 2016, le terrorisme islamiste a causé la mort de deux cent trente-neuf personnes en France. Et des listes de cibles incitent des "lions solitaires" à continuer le massacre.
L’objectif de ces provocations meurtrières est de fracturer la société française par une guerre civile larvée dressant, au nom d’une religion dévoyée, un nouveau prolétariat d’enfants d’immigrés contre les classes moyennes. Pour y parvenir, les djihadistes tentent d’embrigader les musulmans de France, qui leur sont massivement hostiles. Des stratégies de rupture sont mises en œuvre afin de souder cette communauté contre l’"islamophobie" imputée à la société. Cela nourrit la propagande de politiciens qui cherchent leur avantage en vue des élections de 2017, tombant dans le piège des terroristes alors même que la patrie est en danger, randis que l’Europe se fissure et que le Moyen-Orient explose. Conçu autour des chroniques radiophoniques que j’ai tenues chaque semaine sur France Culture entre les étés 2015 et 2016, La Fracture restitue en contexte cette année terrible et plaide pour un engagement lucide de nos concitoyens.»

Bonne lecture !